Sophie Lécuyer vit et travaille à Nancy comme plasticienne et illustratrice.

Elle travaille le dessin, et plus largement l’image, essentiellement au moyen de techniques d’impressions manuelles et dans une dynamique d’expérimentation. Son travail s’élabore ainsi depuis plusieurs années au gré de projets d’exposition, d’édition, de commandes graphiques et se développe sur des supports mutliples.
Elle enseigne également l’illustration au sein de l’École de Condé à Nancy et dispense régulièrement des workshops dans diverses structures.
Depuis 2015, elle promeut et soutient les arts imprimés en tant que cofondatrice et organisatrice du festival l’Enfer à Nancy.

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l’atelier


DÉMARCHE


Je me définis comme une « fabricante d’images ».
Eau-forte, pointe-sèche, monotype, sérigraphie… J’utilise toutes sortes de techniques d’impressions pour produire des images et privilégie l’expérimentation.
Encré dans la narration, mon travail graphique se déploie dans le champ de l’illustration en parallèle de ma pratique artistique personnelle. Je crée parfois des ponts avec des domaines liés à l’installation, à l’animation ou encore à la photographie. L’image imprimée reste le cœur de mon travail.
J’aime comparer mon atelier à un laboratoire, car c’est tout autant un lieu de recherches que de production. Rencontrer le monde de l’impression a été pour moi une sorte de stimulateur de ma créativité et continue d’agir ainsi tant les possibilités et les enjeux sont multiples. La mise en œuvre technique induite par tous ces procédés ancestraux a modifié ma perception et ma conception de l’image.
Ce qui m’intéresse à travers cette pratique, c’est autant de raconter une histoire que d’exprimer, révéler, la matière qui compose mes images. Trouver des relations entre ce qu’elles exposent et le processus technique qui les anime. Comme une forme d’incidence de ce monde de l’impression dans lequel je baigne, où il est en permanence question de superposition de couches, la transparence est alors souvent à l’œuvre dans mon travail. 

Comme des énigmes, mes représentations sont alors des points de départ d’histoires dont on ne connaît pas bien la fin, mais où tout reste possible, le meilleur comme le pire.
Je m’inspire de récits légendaires, de mythes, de contes, tisse des liens avec l’imaginaire collectif et donne ainsi un caractère intemporel à mon travail.
Célébration d’un état originel, je revisite l’espace exigu entre nature féminine et nature sauvage. Un espace dans lequel les êtres dialoguent, s’enchevêtrent, ne se distinguent plus vraiment les uns des autres. Le corps féminin, devenu témoin de ce lien indéfectible, est un élément central de mon travail par lequel je m’identifie.

 



· Formation

DNSEP – École Nationale Supérieure d’Art de Nancy (2005-2010)

· Expositions personnelles
2020 Galerie Jules Bossert ( Besançon ) / 2020 Médiathèque Louis Aragon ( Fontenay sous Bois ) / 2019 Artothèque ASCAP ( Montbéliard ) / 2019 Le Rayon ( Charleroi ) / 2019 Galerie MyMonkey ( Nancy ) / 2017 Le Microcosme ( Bayonne ) /
2016 La Minuscule Galerie ( Rennes ) / 2016 – 2017 Muséum Aquarium ( Nancy ) / 2014 Église des Trinitaires ( Metz ) coproduction Galerie Modulab / 2013 Centre Culturel Georges Pomp It Up ( Nancy ) / Galerie du Musée du Pays d’Ussel ( Corrèze ) / Galerie Artitude ( Bruxelles , BEL) / Galerie Van Der ( Turin , ITA) / Galerie Le Préau Des Arts ( Maxéville ) / 2012 Galerie Modulab ( Metz )

· Expositions collectives
2018 Galerie le Serpent Vert ( Paris ) – Gallery Lac ( Strasbourg ) / 2017 Galerie Z ( Nancy ) – Grave ( Besançon ) / 2016 La Douëra ( Malzéville ) – Musée des Vans ( Ardèche ) – Galerie Le Préau ( Maxéville) / 2015 Galerie Les Îles Lointaines ( Angers ) – Médiathèque Margerite Duras ( Paris ) – Douro Museum ( Douro, Portugal ) Regierungspräsidium ( Karlsrhue, Allemagne ) / 2014 Kunstmuseum de Thurgau ( Suisse ) – Musée de l’Image d’Épinal / 2013 Chapelle des Vans ( Ardèche ) / 2012 Pendleton Art Center ( Cincinnati, USA) Galerie Les Trois Huit ( Nancy ) – Galerie 379 ( Nancy ) / 2011 site Alstom ( Nancy ) – La Lune en parachute ( Épinal )

· Salons

Papier Carbone (Charleroi) 2019 / L’Autre Salon (Colmar) 2017 / Central Vapeur (Strasbourg) 2017 / Les Puces de l’Illustration (Bagnolet) 2016 / Le Marché Noir (Rennes) 2015, 2016 & 2018 / Journée de l’Estampe Contemporaine (Paris) 2016

 


LEXIQUE
Les travaux présentés sur ce site sont en grande parties des estampes.
Ce lexique a été conçu afin de mieux comprendre les différents travaux présentés.

Estampe I Désigne une œuvre ayant été obtenue par un processus d’impression.
Ce processus implique notamment les techniques de gravure.
Par abus de langage, le terme de « gravure » pour parler d’une estampe est souvent employé. Un terme qui peut prêter à confusion car ce qui fait œuvre finale c’est bien le résultat imprimé sur papier et non la matrice gravée en elle-même.
La nature d’une estampe dépend du type de procédé d’impression employé, qui peut-être très varié. On pourra alors préciser si l’estampe en question est une eau-forte, une lithographie, une linogravure…

Impression I Procédé de reproduction d’une image ou d’un texte par pression d’une surface sur une autre afin d’obtenir une empreinte.

Gravure  I technique artisanale et ancestrale d’impression qui nécessite l’incision d’un support appelé « matrice ».
Il existe différents types et techniques de gravure, qui dépendent du matériau utilisé pour réaliser la matrice.
On peut classifier ces différentes techniques en deux grandes familles:
taille douce (eau-forte, pointe-sèche, burin…)
taille d’épargne  (linogravure, xylographie…)

Les différentes étapes de travail en gravure:
1. GRAVURE
Une estampe nécessite le façonnage préalable d’une matrice.
Concrètement, il s’agit  d’inciser ou de graver une planche, qui peut être de bois, de linoléum, de métal ou de plastique… Cet objet va alors permettre la reproduction de l’image qui y sera gravée.
Le matériau qui constitue la matrice va définir le type d’impression.
2. ENCRAGE
Chaque technique nécessite un encrage spécifique.
Au rouleau, à la main ou à l’aide d’une râcle… Dans tous les cas, l’objectif est de répandre de l’encre à gravure (très grasse) sur la matrice, pour pouvoir ensuite obtenir sur du papier une empreinte du motif gravé.
3. IMPRESSION
C’est le moment où le papier intervient pour recevoir l’encre.
Il est alors nécessaire d’exercer une forte pression entre le papier et la matrice. Pour ce faire, on utilise une machine qui s’appelle une presse.
Chaque technique nécessite également un type de presse spécifique.
Une fois le passage de l’impression réalisé, on obtient une version imprimée sur papier de notre motif gravé.
À chaque impression, la matrice devra être ré-encrée.

(plaque d’eau-forte et son exemplaire imprimé après passage sous la presse )

RECONNAÎTRE UNE ESTAMPE
La numérotation
L’ensemble de ces procédés sont donc des techniques de reproduction de l’image.
Ainsi vous reconnaîtrez souvent une estampe à sa numérotation qui authentifie la quantité d’exemplaires produits.
Le gaufrage
Les matrices gravées, en plus de l’encre, laisse une empreinte en relief dans le papier au moment de l’impression à cause de la forte pression exercée. Ce relief est visible autant au recto qu’au verso du papier.
Le gaufrage existe ainsi en taille douce et en taille d’épargne, mais sera inexistant pour les techniques de la planographie puisque ces techniques n’emploient pas de matrices en relief.

( numérotation sur 50 exemplaires – gaufrage du papier )


Taille douce I Désigne l’ensemble des procédés de gravure EN CREUX.
Concrètement c’est le creux de la plaque gravée qui est encré et qui va se retrouver imprimé sur le papier. L’encrage se fait manuellement. On badigeonne entièrement la plaque avec de l’encre. En essuyant par étape, on retire ensuite le surplus de la plaque pour ne garder au final que l’encre à l’intérieur des entailles.
Au sein de cette famille, vous trouverez:

L’eau-forte I Gravure sur plaque de métal (cuivre ou zinc) qui s’effectue via un procédé chimique. Une couche de vernis est d’abord posée sur la plaque de métal. L’artiste va venir dessiner son motif sur cette surface en grattant la couche de vernis à l’aide d’une pointe métallique. Une fois cette étape réalisée, la plaque est plongée dans un bain d’acide nitrique (pour du zinc) ou chlorhydrique (pour du cuivre). L’acide va alors venir attaquer le métal aux endroits où le vernis a été retiré et creuser ainsi la plaque. La plaque une fois gravée par l’acide, le vernis est retiré mais le dessin est conservé dans le métal et peut ainsi être encré.

La Pointe-sèche I Gravure d’une plaque de métal ou de plastique qui, contrairement à l’eau-forte, est directement gravée à la main grâce à une pointe appelée « pointe-sèche ».

 

( technique : eau-forte > plaque de zinc vernie > dessin du motif qui sera gravé par l’acide )

 


Taille d’épargne I Désigne l’ensemble des procédés de gravure EN RELIEF.
Contrairement à la taille douce, ici c’est les parties en relief et non les creux de la matrice qui sont encrés. C’est le principe du tampon. On utilise des outils appelés « gouges » pour graver la matrice en « épargnant » le motif à imprimer. Ce que l’on grave ce sont donc les blancs de l’image finale. Les parties non gravées pourront alors être encrées à l’aide d’un rouleau qui va venir décharger l’encre dont il a été enduit sur ces parties restées en relief.
Au sein de cette famille vous trouverez:

La linogravure I Gravure sur plaque de linoléum

La xylographie I Gravure sur plaque de bois.
Le résultat imprimé est très proche de celui de la linogravure, mais en xylographie la texture du bois provoque des effets de matières inextants en linogravure.

( technique : linogravure > plaque de linoléum en cours de gravure )


Planographie I Ensemble des procédés d’impression qui ne sollicite ni le creux ni le relief d’une matrice. Parmi eux:

Le monotype
I Ce procédé d’impression s’effectue sur presse taille-douce et consiste à travailler directement de l’encre étalée sur la surface d’une plaque vierge pour en obtenir une empreinte. La plaque n’étant pas gravée, ce procédé ne permet pas la reproduction. Chaque tirage sera unique.

La sérigraphie I Procédé d’impression proche de la technique du pochoir où la couleur est imprimée par couche successive.
La sérigraphie fait intervenir un châssis (appelé aussi écran) dont la toile de nylon est enduite d’une solution photo-sensible. On reporte sur ce châssis le motif à imprimer au moyen d’un film que l’on va interposer pour insoler. La solution du châssis va se durcir et ainsi boucher les pores de la maille aux endroits exposés à la lumière, et rester soluble aux endroits préservés de la lumière. Une fois révélé après un passage à l’eau, le châssis va fonctionner comme une sorte de pochoir. L’encre pourra être étalé à l’aide d’une racle sur ce châssis et passer à travers la maille aux endroits où la solution a été perdue. En passant à travers la maille l’encre vient imprimer le papier placé en dessous.

La lithographie I
Procédé d’impression impliquant le travail d’une pierre calcaire sur laquelle on dessine avec un corps gras. Le processus d’impression repose alors sur le phénomène de répulsion entre le gras et l’eau.
Installée sur une presse, la surface dessinée de la pierre est mouillée à l’aide d’une éponge. L’eau est repoussée par le gras du dessin et vient s’installer sur les partie restée vierge de la pierre. Ce qui permet d’encrer au moyen d’un rouleau ce dessin afin de le reproduire sur du papier. L’encre grasse du rouleau va venir se déposer uniquement sur les partie dessinées pendant que les parties vierges de la pierre reste préservées de l’encre du rouleau grâce à l’eau.